LE PARADIS RETROUVE


À la suite d’un burn-out en 2011, je me suis fait accompagnée pour me libérer de la souffrance et guérir. La personne qui m'accompagnait me répétait régulièrement « en changeant, les gens que tu aimes changeront. »


Cette assertion relevait pour moi de l'absurdité, élevée dans les principes de la science classique, la « religion familiale ». J'avais une vision mécaniste de la vie qui s'appuyait sur des principes matérialistes[i] et scientistes[ii].

Autrement dit, mon corps physique était une limite infranchissable, mes pensées et mes émotions non exprimées (invisibles) ne pouvaient impacter personne d'autre que moi.


LE PREMIER EFFET KISS COOL

Mais il s'est passé quelque chose d'extraordinaire, car effectivement en pacifiant la relation à moi-même, mes relations aux autres et notamment mes proches ont changé, et pour ceux avec qui j'avais des conflits, un dialogue sans violence a pu enfin naître et ainsi recréer des liens plus forts.


LE DEUXIEME EFFET KISS COOL

L'extraordinaire ne s'est pas arrêté là, plus je changeais et plus ma relation au monde se modifiait et plus j'étais capable de voir la réalité de façon à trouver de nouvelles idées, solutions à ce que je vivais. [iii] Je devenais actrice de ma vie, je découvrais que j’avais le pouvoir de la changer (démultiplication du champ des possibles).


LE TROISIEME EFFET KISS COOL

Au fur et à mesure que je me libérais de mes peurs, colères, etc., de mes croyances limitantes, plus je devenais Conscience[iv] (et non consciente) de la réalité de l'existence, plus je devenais Conscience du lien invisible existant entre tous les êtres vivants, de la fragilité de la Vie mais également de sa toute-puissance et ce, de manière intuitive. « La bataille contre l’ignorance[v] se gagne tous les jours, et elle finit par ouvrir sur des perspectives insoupçonnées » Dalaï Lama.


Déstabilisée et presque honteuse ce que je vivais puisque « Ma religion » était la science classique, je me suis donc tournée vers elle pour essayer d’expliquer ce que j’expérimentais.


« LA SCIENCE EST UN OUTIL PUISSANT. L’USAGE QU’ON EN FAIT DEPEND DE L’HOMME, PAS DE L’OUTIL » Einstein

Il m’a fallu d’abord tuer « le mythe de l’homme rationnel et réaliste, sans préjugés, aux conduites appropriées grâce à l’information objective », certitude développée par la science occidentale classique[vi]. Nous avons été éduqués collectivement dans la croyance que parce que nous possédions la conscience, nous agissions et pensions en fonction d’une perception de la réalité objective et identique pour tous et cette croyance est gravée dans le marbre dès lors que l’on parle des scientifiques.


Pourtant nous sommes la plupart du temps des êtres inconscients de nous-même, des autres et du monde. La réalité est subjective car intimement liée à nos croyances profondes souvent inconscientes et les scientifiques sont des humains comme les autres qui utilisent la science en fonction de leurs croyances. [vii]


Depuis un peu plus d’une dizaine d’années, des scientifiques de tous bords interrogent le dogme scientiste et l’approche matérialiste car comme bien d’autres personnes dont je fais partie, ils ont été confrontés à des phénomènes, à des expériences que les scientifiques classiques sont incapables d’expliquer.


Selon Philippe Guillemant, ingénieur physicien, « Les matérialistes et plus généralement toutes les personnes qui se positionnent comme soi-disant rationalistes et se croient à l'abri de toute croyance, usent en effet de stratagèmes plus ou moins inconscients pour rejeter toute transcendance ou quoi que ce soit d’immatériel, afin de rester dans la norme de la pensée dominante. »[viii]


« On a cependant entrouvert une boîte de Pandore : découverte d’exoplanètes telluriques, mise au jour d’artéfacts suggérant l’existence de civilisations antédiluviennes, quasi-officialisation du phénomène OVNI, EFM[ix]/EMI[x],EMC[xi], sorties de corps, synchronicités, voyances — tous phénomènes « impossibles » que rencontrent aujourd’hui certaines hypothèses déroutantes : rétro-causalité, flexibilité de l’espace-temps, conscience extraneuronale, étayées par des raisonnements scientifiques. »[xii] (Jean Marc Ferry)


Fin 2014, l’hypothèse d’une conscience délocalisée, autonome et totalement indépendante du cerveau a été reconnue par la médecine, théorie qui s’oppose à la thèse matérialisme qui suppose que la conscience est créée par le cerveau et meurt à sa mort.


Même s’il s’agit d’une avancée significative pour comprendre la réalité de la Vie, il n’en reste pas moins que des risques subsistes notamment dans notre capacité à comprendre son unité.


LA RELIANCE [xiii] – l’unité à la Vie, au TOUT

Selon le sociologue Marcel Bolle de Bal « La modernité, fondée sur l’essor de la raison, s’est construite […] sur le principe de séparation, voire de division : diviser pour comprendre (Descartes), diviser pour produire (Taylor), diviser pour régner (Machiavel). Raison abstraite et déraisonnable, elle est devenue source de déliances multiples : culturelles, urbaines, familiales, religieuses, écologiques, etc., »[xiv]


Le « découpage en tranches » de la réalité a des avantages car il permet de la comprendre en la simplifiant ; Il a, par contre, pour effet pervers de la vider de sa substance, et ainsi elle se retrouve limitée, pour faire simple, à un « matériel exploitable ».


Si la science est porteuse d’idées nouvelles, pour autant cela ne veut pas dire que nous en userions tous pour recréer du sens (du lien) avec le monde qui nous entoure. Car la façon dont nous percevons les informations est interdépendante avec notre système de croyances en capacité de déformer ces idées elles-mêmes déjà déformées par les scientifiques … vous me suivez ?


Le risque évident est, par exemple, de confondre la conscience extraneuronale, avec un outil alors qu’il s’agit d’une composante essentielle de notre être et qui nécessite, pour y « accéder » de changer d’état de conscience, cela relève d’un acte de foi, d’une démarche spirituelle personnelle.


Selon Thierry Janssen, psychothérapeute « La spiritualité mérite d'être définie parce qu'elle est souvent confondue avec la religion. La spiritualité n'est pas la religion. La spiritualité, c'est vraiment […] la science qui permet de comprendre l'esprit des êtres et des choses.»[xv]


La prise de conscience profonde et intuitive que tout ce que nous faisons, pensons, ressentons impacte le monde et nous revient (re -liance[xvi]) ne se voit pas mais se vit, s’expérimente, il faut croire plutôt que voir avant d’y mettre des mots et pouvoir l’expliquer le plus objectivement possible.


Percevoir cette subtilité complexe[xvii], qui existe entre toutes choses, suppose un travail sur soi, tout commence par soi, car l’accessibilité à cette vérité existentielle est masquée par nos émotions et nos pensées négatives, nos croyances limitantes[xviii], l’ego. Le changement de relation à soi (amour inconditionnel[xix]), induit un changement de relation aux autres, puis progressivement à la Vie, autrement dit individuellement puis collectivement nous recréons du lien, du sens.


Raymond Moody, médecin et docteur en philosophie, a étudié pendant plus de 40 ans les EMI, il rapporte que les personnes ayant vécu ces expériences « disent qu'elles ont été profondément transformées. Plus précisément, elles nous disent que leur expérience leur a enseigné que le but de la vie d'ici-bas est d'apprendre à aimer.»[xx] Il s’agit d’abord d’apprendre à s’aimer inconditionnellement, pour ensuite pouvoir aimer les autres et la Vie, car il en va ainsi de l’être humain, il ne peut donner aux autres que ce qu’il se donne à lui-même.


… « Un état de conscience où nous sommes le monde et le monde est nous… » Bernard Boisson, auteur[xxi]


[i] Doctrine philosophique qui affirme le primat de la matière sur l'esprit, https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/mat%C3%A9rialisme/49837 [ii] Le scientisme est une position apparue au xixe siècle selon laquelle la science expérimentale est la seule source fiable de savoir sur le monde, par opposition aux révélations religieuses, aux superstitions, aux traditions, et aux coutumes, également à toute autre forme de savoir. Le scientisme se propose en conséquence, selon la formule d'Ernest Renan, d' « organiser scientifiquement l'humanité» https://fr.wikipedia.org/wiki/Scientisme [iii]Je l'ai écrit dans différents articles, nous sommes des systèmes de croyances et ils déterminent ce que nous sommes capables de voir de la réalité, notre perception est subjective, nous déformons tous sans exception la réalité de manière plus ou moins forte. [iv] Conscience avec une majuscule par ce que je ne me réfère pas à la conscience au sens psychologique mais au sens cosmique. [v] L’ignorance au sens bouddhiste relève de la connaissance de soi [vi] Bolle De Bal Marcel, « Reliance, déliance, liance : émergence de trois notions sociologiques », Sociétés, 2003/2 (no 80), p. 99-131. DOI : 10.3917/soc.080.0099. URL : https://www.cairn.info/revue-societes-2003-2-page-99.htm [vii] CHARLIER Christelle, CHASSEZ LE NATUREL… IL REVIENT AU GALOP, 01/03/2021, https://www.capera.fr/post/chassez-le-naturel-il-revient-au-galop [viii] Philippe Guillemant ingénieur Centrale Paris, PHD & HDR, IRHC au CNRS, physicien transdisciplinaire, http://www.doublecause.net/index.php?page=biais/biais_materialistes.htm [ix] EFM : expérience aux frontières de la mort [x] EMI : expérience de mort imminente [xi]États modifiés de conscience [xii] Séminaire du Collège des Bernardins « Nouveaux paradigmes pour une société juste » http://www.doublecause.net/Jean-Marc_Ferry_sur_le_reel.pdf, lu le 25/03/2021 [xiii]Je me permets ici de « chiper » le terme de reliance créé par le sociologue Marcel Bolle de Bal pour l'explorer dans sa dimension spirituelle, cosmique. [xiv] Bolle De Bal Marcel, « Reliance, déliance, liance : émergence de trois notions sociologiques », Sociétés, 2003/2 (no 80), p. 99-131. DOI : 10.3917/soc.080.0099. URL : https://www.cairn.info/revue-societes-2003-2-page-99.htm [xv] Citation de Thierry Janssen, psychothérapeute tirée du film « Et si la mort n’existait pas », https://www.youtube.com/watch?v=HpsJ4o5C4Hg [xvi] « La reliance, est un concept proposé et imposé dans les sciences humaines par Marcel Bolle de Bal, à l’issue d’une concertation pluridisciplinaire, présenté dans un article de la revue Connexions en 1981. La reliance possède une double signification conceptuelle : - l’acte de relier ou de se relier : la reliance agie, réalisée, c’est-à-dire l’acte de reliance ; - le résultat de cet acte : la reliance vécue, c’est-à-dire l’état de reliance. Relier s’entend comme : « créer ou recréer des liens, établir ou rétablir une liaison entre une personne et soit un système dont elle fait partie, soit l’un de ses sous-systèmes ». http://les-ateliers-de-reliance.over-blog.com/pages/Quest_ce_que_la_Reliance_-5517592.html [xvii] "Quand je parle de complexité, je me réfère au sens latin élémentaire du mot complexus, « ce qui est tissé ensemble ». Les constituants sont différents, mais il faut voir comme dans une tapisserie la figure d’ensemble. Le vrai problème (de réforme de pensée) c’est que nous avons trop bien appris à séparer. Il vaut mieux apprendre à relier. Relier, c’est-à-dire pas seulement établir bout à bout une connexion, mais établir une connexion qui se fasse en boucle. Du reste, dans le mot relier, il y a le "re", c’est le retour de la boucle sur elle-même. Or la boucle est autoproductive. À l’origine de la vie, il s’est créé une sorte de boucle, une sorte de machinerie naturelle qui revient sur elle-même et qui produit des éléments toujours plus divers qui vont créer un être complexe qui sera vivant. Le monde lui-même s’est autoproduit de façon très mystérieuse. La connaissance doit avoir aujourd’hui des instruments, des concepts fondamentaux qui permettront de relier." - Edgar Morin, La stratégie de reliance pour l’intelligence de la complexité, http://www.res-systemica.org/ris/vol-09/vol09-num-02/ris-vol09-num02-p105-112.pdf [xviii] Croyances limitantes = limites dans la capacité à percevoir la réalité [xix] L’amour inconditionnel est l’acceptation de soi tel que l’on est physiquement, émotionnellement, mentalement, spirituellement. C’est s’aimer imparfait (e) et ne pas chercher à masquer nos imperfections à notre propre regard ni à celui des autres. [xx] Dr.Raymond Moody : "En 1991, j'ai failli mourir d'une condition thyroïdienne sévère", 17 juin 2018, https://blogs.mediapart.fr/tayeb-laabi/blog/170618/drraymond-moody-en-1991-jai-failli-mourir-dune-condition-thyroidienne-severe [xxi]Bernard Boisson Magasin 3ème millénaire spiritualité et connaissance de soi, faire ou ne pas faire ?, « le primordial dans l’écologie et l’humanisation », p86, septembre 2019